10 jan
Article N° 47
__ 19 h 57
J’ai décidé de changer le format de mon blog pour l’ouvrir à d’autres expériences que la mienne. Il n’y pas une façon d’entreprendre, mais plusieurs. Il n’y a pas une recette pour réussir mais une multitude de pistes à explorer.
C’est la diversité des expériences, le croisement des points de vue qui sont intéressants, enrichissants. Je vous invite à découvrir un « espace » où les chefs d’entreprises pourront s’exprimer et partager leurs expériences.

1 déc
Article N° 46
__ 18 h 59
L’amour ne trouve pas sa place dans la rationalité des organisations. Dernièrement, le service de communication interne d’April s’est posé la question sur l’utilisation du mot « aimer », adressé tant aux clients qu’aux collaborateurs.
Ce terme, indiscutable dans le milieu familial, suscite une franche polémique dans les entreprises. L’assimilation à un comportement idéaliste, paternaliste ou manipulatoire est fréquemment évoquée. Il faut se rendre à l’évidence : aimer les hommes en entreprise est suspect.
Pour ma part, je ne me suis jamais satisfait des méthodes de management qui privilégient l’efficacité des processus, la « gestion des ressources humaines » à celle des relations. Même si la référence au savoir-être n’est pas complètement absente du discours interne, le recours à la seule évaluation des compétences techniques reste dominant au mépris de la personne, de son identité, de son histoire, de son intimité et de ses fragilités.
7 nov
Article N° 45
__ 18 h 19
23% seulement des entrepreneurs français pensent que notre pays encourage l’initiative et la création*, ce qui place la France en queue de peloton d’un sondage effectué pour le G20 des Entrepreneurs.
A titre de comparaison, 88% des Américains s’estiment poussés à l’initiative, et même 92% des Chinois et jusqu’à 98% des Indiens. L’opinion des Français est à rapprocher de cette autre enquête : « En règle générale, pensez-vous qu’il est possible de faire confiance aux autres ? ». Seuls 22% des Français répondent positivement (Enquête World Value Survey de 2000).
La corrélation est sans appel : notre pays manque autant d’esprit d’entreprise, d’initiative économique que de confiance. Ce n’est une bonne nouvelle ni pour sa dynamique entrepreneuriale, ni pour la résorption de notre taux de chômage.
10 oct
Article N° 44
__ 17 h 24
Au début des années soixante sont apparus les premiers travaux sur le capital humain. Son dérivé, le capital immatériel, a acquis depuis lors une véritable légitimité et alimenté de nombreuses thèses universitaires.
Un consensus s’est progressivement dégagé pour considérer que le Capital Immatériel se présente désormais sous la forme de trois catégories d’actifs :
- Le Capital Humain, «l’Homme dans l’entreprise» (expérience, formation, capacité de direction, relations interpersonnelles, motivation, etc.)
- Le Capital Structurel, «Tout ce qui reste dans l’entreprise à la fin de la journée» (la culture de l’entreprise, la communication interne, l’organisation et les processus, l’innovation, etc.)
- Le Capital Relationnel, «Tout ce qui relie l’entreprise à son environnement» (les relations avec les actionnaires, les partenaires, les clients, les fournisseurs, la société, etc.)
L’apport de cette théorie à la réflexion sur la valeur des entreprises a ouvert bien d’autres perspectives que celles qui nous ont été transmises par une science économique mécaniste.
23 sept
Article N° 43
__ 18 h 38
Dans « Le capitalisme est-il moral ? »[1], André Comte-Sponville explique que toutes les réalités doivent être analysées selon quatre « ordres »[2] distincts par niveau croissant : le technoscientifique (qui recouvre les sciences, la technique et l’économie) le juridico-politique et organisationnel (la loi, l’Etat), les finalités institutionnelles et individuelles (la morale) et le souci des personnes (l’éthique).
L’approche du philosophe contemporain fait écho aux logiques entrepreneuriales et me semble à ce titre, particulièrement intéressante pour comprendre ce qui ne fonctionne pas dans les organisations. Appliquée au déficit chronique de notre régime d’assurance maladie par exemple, elle nous permet de nous poser les bonnes questions et d’apporter les bonnes réponses à une interrogation collective: pourquoi les plans de sauvetage successifs de notre régime d’assurance maladie ont-ils tous échoué jusqu’alors?
1 sept
Article N° 42
__ 17 h 46
« Un esclave ne peut être séparé de sa femme et de ses jeunes enfants », d’après le Code de Hammurabi, remontant à 2000 avant JC.
L’histoire de l’assurance montre que les mécanismes mis en œuvre pour mutualiser les risques pesant sur les personnes (assurances accident du travail à Babylone sous Hammurabi et en Egypte en 1500 avant JC), et ceux relatifs aux biens (assurances maritimes chez les Grecs et les Romains), ont fait très tôt de cette technique un outil formidable de progrès social et de développement des échanges entre les peuples.
Plus tard, au XIXème siècle, accompagnant le grand mouvement d’industrialisation européen, sont apparues les organisations qui ont donné à l’assurance une structure plus pérenne : les Lloyd’s à Londres, sociétés de parieurs sur les cargaisons maritimes, les mutuelles « incendie » pour les immeubles, et les Sociétés de Secours Mutuel, constituées pour couvrir la maladie et l’accident des populations ouvrières. Deux mouvements très différents par nature mais répondant à une logique de solidarité et utilisant déjà la théorie des probabilités que nous connaissons.
29 juil
Article N° 41
__ 18 h 36
« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit au milieu des étoiles »* Dans mes activités d’administrateur de nombreuses sociétés, je rencontre régulièrement ce que l’on qualifie d’impasses stratégiques. La tentation du management consiste alors à se lancer alors dans une analyse approfondie de la situation de l’entreprise en privilégiant les voies opérationnelles pour en sortir, en général un catalogue de recettes, certes bien faites, mais déconnectées du projet global.
15 juil
Article N° 40
__ 18 h 14
Clients ? Actionnaires ? Collaborateurs ? Par où commencer dans cette trilogie ?
Les années consuméristes 60/70 ont privilégié le client roi et la connaissance approfondie de son identité et de ses comportements. Ce fut le temps du marketing client. Puis vint l’ère de l’actionnaire des années 80/90, consacrant simultanément ses intérêts d’investisseur et celui des marchés financiers. Ce fut le temps du marketing financier et le début de la financiarisation toujours actuelle de l’économie avec les conséquences que l’on sait.
En marge de cette histoire récente du management de l‘entreprise, les sciences humaines appliquées se sont, au cours des cinquante dernières années, intéressées aux conditions de motivation des salariés en appelant au registre des références Berne, Fayol, Maslow …Après le chien de Pavlov, c’est l’homme qui est devenu le sujet des comportementalistes visant les sources possibles de l’accroissement général de la productivité du salarié.
28 juin
Article N° 39
__ 17 h 28
Le gouvernement a promis un projet de loi controversé avant l’été sur le partage de l’attribution de primes aux salariés des entreprises versant des dividendes en augmentation. Parallèlement, le projet socialiste en vue des présidentielles prévoit d’alourdir l’« impôt des sociétés » des entreprises qui distribueraient des dividendes.
Faible raisonnement qui considère que l’entreprise est la tirelire universelle.
Outre que le simplisme du prochain dispositif gouvernemental ignore totalement la diversité des situations des entreprises- son bénéfice s’étendra à seulement 15% des 24 millions de salariés- il devient, à l’épreuve des faits, profondément inique.
7 juin
Article N° 38
__ 17 h 32
Pour grandir durablement, sauf exception emblématique des « sociétés champignons » de la nouvelle économie, l’acceptation des contraintes du facteur temps est incontournable, à défaut « nous arrivons au point d’obéir à ces effets de mode qui créent une constante obsolescence psychologique, voire pathologique », selon les termes de Jean-Louis Servan Schreiber dans « Trop vite ! ».
Le temps de faire des [...]