23 sept
Article N° 43
__ 18 h 38
Dans « Le capitalisme est-il moral ? »[1], André Comte-Sponville explique que toutes les réalités doivent être analysées selon quatre « ordres »[2] distincts par niveau croissant : le technoscientifique (qui recouvre les sciences, la technique et l’économie) le juridico-politique et organisationnel (la loi, l’Etat), les finalités institutionnelles et individuelles (la morale) et le souci des personnes (l’éthique).
L’approche du philosophe contemporain fait écho aux logiques entrepreneuriales et me semble à ce titre, particulièrement intéressante pour comprendre ce qui ne fonctionne pas dans les organisations. Appliquée au déficit chronique de notre régime d’assurance maladie par exemple, elle nous permet de nous poser les bonnes questions et d’apporter les bonnes réponses à une interrogation collective: pourquoi les plans de sauvetage successifs de notre régime d’assurance maladie ont-ils tous échoué jusqu’alors?
1 sept
Article N° 42
__ 17 h 46
« Un esclave ne peut être séparé de sa femme et de ses jeunes enfants », d’après le Code de Hammurabi, remontant à 2000 avant JC.
L’histoire de l’assurance montre que les mécanismes mis en œuvre pour mutualiser les risques pesant sur les personnes (assurances accident du travail à Babylone sous Hammurabi et en Egypte en 1500 avant JC), et ceux relatifs aux biens (assurances maritimes chez les Grecs et les Romains), ont fait très tôt de cette technique un outil formidable de progrès social et de développement des échanges entre les peuples.
Plus tard, au XIXème siècle, accompagnant le grand mouvement d’industrialisation européen, sont apparues les organisations qui ont donné à l’assurance une structure plus pérenne : les Lloyd’s à Londres, sociétés de parieurs sur les cargaisons maritimes, les mutuelles « incendie » pour les immeubles, et les Sociétés de Secours Mutuel, constituées pour couvrir la maladie et l’accident des populations ouvrières. Deux mouvements très différents par nature mais répondant à une logique de solidarité et utilisant déjà la théorie des probabilités que nous connaissons.