A la découverte du capital humain
Au début des années soixante sont apparus les premiers travaux sur le capital humain. Son dérivé, le capital immatériel, a acquis depuis lors une véritable légitimité et alimenté de nombreuses thèses universitaires.
Un consensus s’est progressivement dégagé pour considérer que le Capital Immatériel se présente désormais sous la forme de trois catégories d’actifs :
- Le Capital Humain, «l’Homme dans l’entreprise» (expérience, formation, capacité de direction, relations interpersonnelles, motivation, etc.)
- Le Capital Structurel, «Tout ce qui reste dans l’entreprise à la fin de la journée» (la culture de l’entreprise, la communication interne, l’organisation et les processus, l’innovation, etc.)
- Le Capital Relationnel, «Tout ce qui relie l’entreprise à son environnement» (les relations avec les actionnaires, les partenaires, les clients, les fournisseurs, la société, etc.)
L’apport de cette théorie à la réflexion sur la valeur des entreprises a ouvert bien d’autres perspectives que celles qui nous ont été transmises par une science économique mécaniste.
En effet, on notera que les trois catégories d’actifs précitées font, toutes trois, référence au rôle central de l’Homme et à sa « trace » en tant qu’acteur du développement de l’entreprise et être de relation.
Au fond, le capital immatériel n’est-il pas plus fiable que le capital matériel et financier, logé à l’actif du bilan, qui ne restitue qu’une pâle et éphémère photographie d’une réalité refroidie par les chiffres et le quantitatif ?
Les marchés financiers paranoïaques et fébriles sur les capacités de désendettement des Etats pourraient emprunter les chemins de la guérison en modifiant radicalement leur regard porté sur l’endettement. D’autres richesses et d’autres valeurs, qui feraient la prospérité dans la durée des institutions publiques ou des entreprises, doivent être considérées : la formation des jeunes, la capacité à les accueillir dans le monde du travail, les relations citoyennes, le respect du bien public et de l’environnement…Hélas, celles-ci sont rarement dans le viseur des analystes de marchés chargés de prévoir la météo du lendemain.
Cette approche de la valeur plus vraie, plus transparente, plus conforme à l’intérêt général aurait l’avantage de rendre les esprits plus optimistes et détendus en inscrivant l’entreprise dans une nécessaire vision de long terme. Car certains profits n’apparaissent pas immédiatement dans la « bottom line » des entreprises et des collectivités. Le bénéfice d’image, d’attractivité pour les clients, les collaborateurs mais aussi les fournisseurs et les banquiers sont les outputs des organisations saines et durables. Le capital-confiance ainsi accumulé dans le profit immatériel de nos entreprises est infiniment plus valorisable aux yeux des actionnaires et des créanciers.
Il est regrettable que les agences de notation, prises au piège de la dictature du court terme ou de perspectives purement financières, restreignent leurs investigations du capital immatériel à la seule analyse des organisations et des pratiques de gouvernance.
Les investisseurs avertis auraient beaucoup à gagner en comptabilisant aussi les profits immatériels du capital humain, générateurs à terme des nécessaires profits financiers.
POUR ALLER PLUS LOIN
Site internet de l’Observatoire de l’Immatériel : créé en 2005, il a pour objectif de faire connaître aux entreprises et administrations le rôle important du capital immatériel dans la société, en leur proposant des outils d’évaluation.
Le Portail du Capital immatériel : ce site Internet recense les études, articles parus sur le capital immatériel.



