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L’amour ne trouve pas sa place dans la rationalité des organisations. Ce terme employé dans le milieu familial est l’objet de polémique lorsque associé au monde de l’entreprise. Pourtant, plusieurs auteurs montrent que la gentillesse en entreprise est de loin l’une des meilleures méthodes de management jamais éprouvée. Motivante, positive, la gentillesse en entreprise peut en effet se révéler être un puissant catalyseur d’énergie pour le manager et ses équipes.

Le bon management des hommes commande de ne pas dissocier les différentes composantes de la personne.
« L’art de la gentillesse » écrit il y a quelques années par Piero FERRUCCI, a été pour moi, sur ce thème, une découverte fondamentale. Ce philosophe et psychologue a popularisé le concept essentiel de psychosynthèse, en réunissant la psyché et le soma dans un système global. Dans cet ouvrage, nous redécouvrons toutes les vertus de l’empathie par laquelle selon lui :

« nous entrons en résonance avec les autres êtres humains » (…) « elle est à notre disposition pour venir en aide aux autres et pour leur procurer soulagement et bien-être ».

Comment espérer durablement et autrement mobiliser ses équipes?
Lorsque je visite les entreprises dont je suis actionnaire, j’identifie, sur les visages des collaborateurs, les plus vivantes et celles qui le sont moins, celles qui partagent la passion d’entreprendre avec eux, et celles qui auraient tendance à ne les voir que comme des moyens de production. Je remarque aussi que la prospérité économique de nos entreprises est fréquemment corrélée au bonheur interne. Le bonheur en entreprise, et l’optimisme utilisé comme force dans le management ayant été au cœur de mes questionnements de dirigeant ses dernières années, j’ai fait le choix d’approfondir se triangle parfait : Bonheur — Management — Gentillesse.

Simone WEIL décrivant sa vie à l’usine en 1934 dans « La condition ouvrière » s’émerveillait :

« la bonté surtout dans une usine est acte de bienveillance…Elle est quelque chose de réel quand elle existe, car le moindre acte de bienveillance exige que l’on triomphe de la fatigue, de l’obsession du salaire et de tout ce qui incite à se replier sur soi ».

L’art de manager une entreprise ne serait-il pas aussi celui de dispenser empathie et bienveillance, l’amour non pas au sens noble du terme mais au sens du respect de la personne?

Amour, empathie, respect, chacun vit ses relations aux autres avec sa propre conception de l’altérité.
Dans tous les cas, c’est la gentillesse (je n’ai pas trouvé d’autres mots plus évocateurs malgré l’ambiguïté de son utilisation) qui devient une nécessité. C’est en nous considérant mieux les uns les autres que nous créerons plus de bonheur et de prospérité dans nos entreprises.