Eduquer à la prudence budgétaire

Pour le dirigeant de Crésus, l’entreprise est sociale par essence. Une économie attentive aux besoins humains crée de la valeur. Grâce à sa logique entrepreneuriale vertueuse, Jean-Louis Kiehl entraîne dans son sillage banques, assurances, entreprises et bénévoles… Mais ce sont les jeunes qu’il souhaite davantage intégrer demain dans sa démarche de prévention contre le surendettement.

Jean-Louis Kiehl est un fervent partisan de l’hybridation. Pour lui, la vitalité économique provient nécessairement d’une coopération entre une sphère publique attentive aux besoins humains et le monde de l’entreprise. « On entend malheureusement encore trop souvent que le social c’est « propre » et l’économie c’est « sale ». Il faut sortir de cette caricature. »

Signe d’encouragement, Jean-Louis Kiehl est témoin d’un véritable engouement pour l’entrepreneuriat social dans les grandes écoles. « Les jeunes ont un véritable appétit sur ce sujet. Ils ont à cœur d’innover et surtout de coconstruire. Nous recrutons de plus en plus de jeunes issus d’écoles de commerce qui commencent avec un revenu un peu moindre par rapport au reste de leur promotion mais qui démarrent leur vie active avec la certitude de bâtir quelque chose de durable. »

Ce qui nous manque en France c’est une véritable éducation budgétaire

L’entrepreneur croit à la responsabilité du citoyen. « Le thème fait honte. On est au pays de Tartuffe… on n’aime pas parler d’argent. Notre mission : désinhiber les jeunes, qu’ils s’affranchissent ! ». Crésus se déplace dans de nombreux lycées de France pour faire de la pédagogie, expliquer comment fonctionne un compte en banque et sensibiliser autour des questions de sur-assurance. Pour rendre le tout plus ludique, les bénévoles ont imaginé un jeu de plateau. Résultat à l’issue de la formation : 30% des jeunes sont allés voir leur banquier pour discuter des produits existants.

La formation est donc au cœur de l’activité de Crésus. Les bénévoles ainsi que les banquiers partenaires doivent avoir l’œil aiguisé, connaître les devoirs, les textes, mais également ne pas se comporter avec brutalité avec les ménages qui les consultent.

Jean-Louis Kiehl appelle à la plus grande vigilance sur le sujet du surendettement car il en va de la liberté même de chacun. « Prenez une demi-heure pour poser votre budget mensuel, ce n’est pas grand chose. Nous vivons dans un monde d’opulence. Il convient dorénavant de conjuguer nos modes de vie à un peu de frugalité. »