Faire de l’épanouissement au travail une réalité

Développement des outils de participation, distribution des bénéfices, Olympiades… Eric Boël ne rogne pas sur les moyens pour que les salariés des Tissages de Charlieu soient heureux au travail. Une condition de leur épanouissement et investissement avec en bénéfice final, la qualité du service fourni au client. Un succès.

L’importance du service client

Avec l’expérience et la maturité, Eric Boël a appris que l’entreprise est un support d’épanouissement fondamental de l’être humain dans notre société. Les individus ont sans cesse besoin de trouver du sens dans ce qu’ils font, de se sentir fiers et reconnus. En arrivant le matin le sourire aux lèvres, ils ont plus de chances de bien faire leur travail et de satisfaire le client. Et justement, l’entreprise entière des Tissages de Charlieu est tournée vers cet objectif. Car s’il y a bien un sujet fédérateur au sein de la société des Tissages de Charlieu, c’est le service client et la volonté d’orienter toute l’activité vers la satisfaction du client. C’est sur ce terrain d’entente qu’Eric Boël a gagné la confiance de ses collaborateurs à son arrivée au sein de la société.

Ce climat de confiance, Eric Boël l’a également installé grâce aux préceptes du lean management. L’ensemble des salariés est régulièrement invité à s’exprimer et à participer aux décisions et au développement de l’entreprise.

Le collectif au service de la performance de l’entreprise

A titre d’exemple, 25 % du résultat avant impôt est distribué entre l’ensemble des salariés, ces derniers ayant contribué collectivement à la performance de l’entreprise. Un tableau de bord mensuel faisant figurer les résultats de la société est accessible à tous en permanence afin que chacun puisse avoir de la visibilité sur cette performance.

Chaque secteur possède également des outils de suivi et de pilotage qui facilitent l’évolution et l’amélioration des process. Tous les semestres sont organisés des points avec l’ensemble des salariés afin de partager ensemble la vision de l’activité, la stratégie de l’entreprise et les perspectives à venir. Une réunion mensuelle par service permet, quant à elle, de parler des points d’amélioration possibles à un niveau plus opérationnel. Les opérateurs mettent en effet souvent au point de nouveaux process pour faire progresser leurs collègues au sein de la société. « Un maître tisserand a par exemple installé un nouveau process de vérification : un petit bout de tissu à la fin de chaque pièce produite est réalisé avec une trame de couleur différente afin de vérifier si le tissu est d’aplomb. Cette idée a permis d’améliorer la qualité de notre production. » nous donne pour exemple Eric Boël.

Les sujets abordés lors de ces réunions relèvent également des conditions de travail des salariés. Se plaignant de maux de dos, quelques salariés ont demandé la mise en place de cours de pilates. C’est chose faite aujourd’hui, aux frais de l’entreprise. Enfin, une journée est consacrée tous les ans aux Olympiades de Charlieu : des jeux, des activités pour que les différents services apprennent à mieux se connaître en dehors de leur relation de travail.

Encourager l’intrapreunariat

Mais l’envie d’Eric Boël est surtout d’encourager les bonnes initiatives de ses salariés. La preuve en est avec la marque Létol lancée il y a 3 ans par l’une des stylistes. Travaillant sur de nouveaux prototypes de tissus pour des écharpes et détectant leur potentiel, elle lance la marque interne Letol. Aujourd’hui, Létol emploie 7 personnes, réalise 7 % du chiffre d’affaire des Tissages de Charlieu et voit ses produits distribués dans 23 pays. Une initiative bien représentative de l’esprit « Made in France » qui guide les Tissages de Charlieu. Létol utilise du coton bio (donc sans pesticide). Le fil est tissé à Charlieu et le tissu est confectionné puis teint sur place également. Les étoles sont même lavées au véritable savon de Marseille ! Vendues directement en boutiques à un prix compétitif, les étoles répondent aux préoccupations du développement durable : l’aspect vertueux et peu impactant sur l’environnement du processus de production, une implantation qui favorise le local tant du point de vue social qu’environnemental, et surtout l’éclosion d’un talent.

Ce qui est important pour moi, c’est de mettre en place des conditions qui permettent aux hommes et aux femmes de grandir et de s’épanouir avec un modèle économique pérenne.

Dans cette petite ville de Charlieu (3 500 habitants), ces hommes et ces femmes qui travaillent pour les Tissages ont à cœur de faire vivre la société. Si bien que le turn over est quasi inexistant… « C’est notre entreprise, si on ne s’investit pas, cela ne va pas durer et l’impact sur la communauté sera dévastateur. Cela relève du bon sens que de mobiliser notre intelligence et notre énergie sans relâche pour faire fonctionner le mieux possible notre entreprise. J’essaie au maximum de faire comprendre à tous qu’il n’y a pas de dichotomie entre ‘’patron et salariés’’. Nous sommes TOUS contributeurs. »

Pour Eric Boël, l’entreprise est donc un véritable bien collectif qui relie les individus. Chacun a son rôle. Chacun participe à l’équilibre et vise un objectif commun : travailler en autonomie et en harmonie.