Faire de la rupture un levier de progression

Dans sa carrière, Elisabeth Ayrault a souvent dû faire face aux bouleversements des pratiques professionnelles. Riche de cette expérience, elle s’investit avec passion dans sa fonction de présidente de la Compagnie Nationale du Rhône. Une mission d’envergure que lui a confiée en 2013 le Président de la République. Son leitmotiv ? Repousser les limites en réfléchissant autrement.

Quel est le moteur qui aujourd’hui vous motive au quotidien ?

Avant mon arrivée à la CNR, je suis passée par le monde de l’énergie, celui du traitement des déchets, de l’urbanisme après une formation initiale dans l’architecture et la promotion immobilière. Je dirais que ce qui m’a toujours passionnée, c’est la rupture. Rupture de business model, rupture de structuration… Penser une optimisation au niveau macro et repousser les limites en réfléchissant autrement. Je dirais que cela a vraiment été et reste aujourd’hui encore le fil rouge de ma carrière. La crise économique, la prise de conscience autour de l’enfouissement des déchets, l’ouverture des marchés de l’énergie… J’ai souvent dû faire face à des bouleversements soudains des pratiques dans mon environnement professionnel.

Quels sont justement vos challenges aujourd’hui ?

J’ai été nommée en 2013 par décret du Président de la République à la présidence de la CNR pour un mandat de 5 ans. Aujourd’hui, les enjeux à la tête de la CNR sont multiples : obtenir la prolongation et déterminer l’avenir de la concession, et accélérer notre développement dans les autres énergies renouvelables (éolien et solaire). La CNR est une magnifique entreprise. Mais il faut qu’elle bouge, qu’elle s’adapte, qu’elle se projette dans l’avenir. L’objectif principal que je me suis fixé est que mon premier mandat signe la prise de conscience de cette évolution nécessaire.

Comment s’organise ce changement en interne ?

Avec les 1 380 collaborateurs de l’entreprise, nous travaillons de concert sur 3 grands axes. Le premier : conforter le modèle CNR, un modèle intégré, équilibré public-privé et proche des territoires. Saviez-vous que 25 % de l’hydroélectricité française (3 000 Mégawatts) est produite par le Rhône ?

Le deuxième : c’est bien sûr de poursuivre notre développement et d’accompagner la transition énergétique en intensifiant notre production d’énergies renouvelables, toujours sur la base de nos trois sources d’énergies, l’eau, le vent et le soleil. Le renouvelable, c’est véritablement notre socle, notre ADN.

Accompagner la transition énergétique en intensifiant notre production d’énergies renouvelables, toujours sur la base de nos trois sources d’énergies, l’eau, le vent et le soleil.

Le troisième axe enfin, c’est notre vocation de laboratoire des énergies du futur. Les énergies de demain ne sont pas celles que nous développons aujourd’hui. Une seconde révolution énergétique est nécessaire. A ce titre, nous travaillons en ce moment dans le domaine de l’hydrogène durable aux côtés de PME et start-ups locales. Cette filière d’avenir permet de répondre aux problèmes de stockage de l’électricité et donc de mieux alimenter en énergie durable.

Pensez-vous que le grand public soit suffisamment informé de ces enjeux ?

La CNR ne distribue que le marché de gros mais il est important que nous fassions connaître davantage nos missions au grand public et que nous travaillions à mieux transmettre les bienfaits de l’énergie verte. Je reste effarée de voir que certains murs antibruit, par exemple, ne servent pas systématiquement de support photovoltaïque… Le renouvelable doit mieux s’intégrer dans l’environnement.