Isabelle Huault : Faire émerger une vision plus éclairée du monde

Isabelle Huault, professeur en sciences de gestion spécialisée en théorie des organisations, préside depuis le 1er septembre 2020 le directoire de l’EM Lyon Business School, dont elle est diplômée. Elle partage sa vision de l’entrepreneuriat et la manière dont se l’approprient les étudiants.

Comment forme-t-on les entrepreneurs de demain ?

En formant des citoyens sensibilisés aux enjeux sociaux, environnementaux et éthiques. Cela passe par l’irrigation du management et de l’entrepreneuriat par d’autres disciplines comme les sciences humaines et sociales, les sciences de l’ingénieur ou le design. L’EM Lyon est une école généraliste qui développe une posture d’entrepreneur chez ses étudiants.

Développer la créativité, la capacité à expérimenter

C’est la pédagogie « earlymaker » qui vise à développer la créativité, la capacité à expérimenter, à apprendre par l’expérience, en se confrontant à d’autres. Nous avons au sein de l’école, un incubateur, des programmes dédiés, des chercheurs.

L’approche pluridisciplinaire est la clé ?

Quand on crée les conditions pour que les sciences, la recherche, le management et l’entrepreneuriat puissent se croiser et interagir, on fait émerger une vision plus éclairée du monde. Or, former à la complexité du monde est un enjeu fort ! Surtout dans un environnement où les fake news et la désinformation circulent rapidement. Nous incitons les apprenants à créer, à transformer de manière positive, aussi bien les institutions qu’ils rejoindront en tant que professionnels compétents et éclairés que les entreprises qu’ils créeront. Chaque étudiant doit dès sa première année porter un projet de création d’entreprise même si cela n’est pas son objectif final.

C’est une manière de faire bouger l’entreprise à grande échelle ?

De la faire avancer. L’éducation et l’enseignement supérieur vont permettre une prise de conscience dans de nombreuses entreprises pour prendre leur part dans la construction positive de la société. Cela s’inscrit dans un contexte marqué par un mouvement de fond que j’observe chez les étudiants qui les conduit à rechercher de plus en plus de sens. Ils sont sensibles aux enjeux écologiques et sociaux et souhaitent par exemple être formés à la transition écologique. Leurs projets de création en témoignent, ils se tournent vers des entreprises avec un impact positif sur la société.

Cette génération a envie de façonner le monde de demain.

Et même si le contexte économique est compliqué, ils gardent un certain optimisme. Ils ont des attentes, de l’espoir, ils prennent des initiatives. Ils restent dynamiques et engagés !