Le management selon Michel de Rovira : une forte attention portée à ses salariés

Michel et Augustin est une belle réussite agro-alimentaire française, en passe de devenir une référence en Europe et à l’international. Co-fondateur avec Augustin Paluel-Marmont, Michel de Rovira revient sur son apprentissage de l’entrepreneuriat, et sur la manière dont l’entreprise cherche à faire grandir ses talents en interne en se voulant un lieu de rencontre et de brassage de nouvelles tendances. Une énergie qui irrigue aussi la dynamique de recrutement.

Êtes-vous un patron heureux ?

Je suis un patron heureux, oui… mais comblé, pas encore. Heureux oui, car la société Michel et Augustin est en bonne forme, heureux parce que l’équipe est souriante et que nos perspectives sont positives tant du côté de l’innovation, que de notre développement commercial. De beaux projets s’annoncent et c’est excitant !

Quand vous avez créé la marque, quelle idée vous faisiez-vous de votre rôle de chef d’entreprise ?

Je viens à l’origine d’un milieu professionnel très cadré : le conseil en stratégie. A l’époque, c’était costume cravate tous les jours, je travaillais dans les beaux quartiers et j’avais envie d’une entreprise plus en prise avec ma génération, plus souriante et surtout qui se prenne moins au sérieux. En revanche, je souhaitais conserver de mon premier environnement professionnel un élément essentiel, selon moi, de la culture d’entreprise : l’exigence. J’avais alors la vision d’une entreprise où chacun serait exigeant avec lui-même tout en préservant la cohésion des équipes et une bonne ambiance.

Justement, quelle est l’ambiance chez Michel et Augustin ? Qu’est-ce qui fait que les gens s’y sentent bien ?

Chez Michel et Augustin, on travaille beaucoup mais nous mettons un point d’honneur à animer la vie de l’entreprise par un certain nombre de rituels. Par exemple, nous commençons systématiquement la semaine par un petit déjeuner de qualité avec l’ensemble des collaborateurs. Puis nous enchaînons à 9h avec une réunion où chacun partage ses projets et/ou questions avec le reste de l’équipe. Non seulement cela soude l’équipe mais en plus, cela permet à chacun de savoir ce qui se passe dans la société, que ce soit du côté commercial ou financier.
Le point essentiel est de faire en sorte que notre environnement professionnel ne soit pas replié sur lui-même. Nos locaux sont lumineux, ouverts sur une cour extérieure. Nous y convions régulièrement des invités divers et variés, du mathématicien à l’homme politique, pour prendre la parole sur de multiples sujets. Des sujets qui ne sont d’ailleurs pas nécessairement en lien avec notre activité. En effet, l’idée est de faire de notre « Bananeraie » un lieu de rencontre et de passage, où l’on peut ouvrir ses chakras, apprendre du monde extérieur et rester ouvert aux nouvelles tendances.

Qu’attendez-vous de vos salariés ?

Lorsque nous recrutons, notre première aspiration est de trouver des candidats brillants, malins, ambitieux et passionnés. Brillants et malins car nous manipulons au quotidien des produits, c’est-à-dire du concret, que nous devons sans cesse améliorer. Ambitieux, car l’on souhaite bien sûr se développer et rester innovant. Et passionnés parce que si l’on veut travailler dans l’univers de l’alimentaire, si on veut être bon, il faut être un passionné du goût, un amoureux de la gastronomie. Nous incitons d’ailleurs depuis quelque temps nos salariés à passer leur CAP de pâtissier. La société finance actuellement, pour la troisième année consécutive, des cours hebdomadaires à la Bananeraie de 18h à 21h. Pour le moment, le nombre de places est limité mais notre ambition est de devenir la première société d’agroalimentaire en France où l’ensemble des salariés serait diplômé d’un CAP. Je suis moi-même diplômé d’un CAP en pâtisserie et Augustin d’un CAP en boulangerie. Certes, l’investissement en temps passé est lourd pour le salarié et représente un peu de travail chez lui, mais l’expérience représente une véritable opportunité en terme d’épanouissement personnel et professionnel.

Des salariés acteurs de leur carrière donc ?

Oui. Certains de nos collaborateurs se sont même lancés à leur tour dans l’entrepreneuriat et nous en sommes très fiers. Chez nous, les salariés sont acteurs de leurs parcours. Ils sont jeunes certes mais ont de nombreuses responsabilités et sont incités à s’emparer de sujets pour progresser sur le plan individuel et donc faire progresser la société par leur talent.

Votre manière de manager a-t-elle évolué avec l’évolution rapide de votre entreprise et l’ouverture de son capital ?

Aujourd’hui, nous sommes presque 80 personnes à travailler dans l’entreprise. Alors oui, forcément notre manière d’aborder le management a changé. Nous avons appris en grandissant et notamment appris de nos erreurs. De mon côté, il s’agit de ma première expérience en tant que manager. Je pense qu’il faut garder une bonne dose d’humilité pour être bon manager, rester à l’écoute, apprendre en lisant et en regardant comment font les autres. L’attention portée aux sujets de ressources humaines doit rester forte. Les prises de parole en public sont cruciales, et il faut veiller à remercier régulièrement les équipes pour leur travail et leur engagement, sans oublier personne.