Michel et Augustin : le Made in France au goût du jour

Le « Made in France » est plus en vogue que jamais. Son retentissement dans le monde culinaire est d’autant plus important que la gastronomie française figure depuis 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Pour Michel de Rovira, le « Made in France » constitue un véritable atout pour le développement de la marque Michel et Augustin, à l’étranger notamment

Nous redémarrons en ce moment notre activité aux Etats-Unis et développons l’export en Asie. Forcément, la renommée de la marque « France » dans le monde de la gastronomie y est sans équivalent.

Les recettes Michel et Augustin affichent donc fièrement leurs origines sans pour autant tomber dans le cliché du packaging Bleu/Blanc/Rouge. « Nous essayons de faire preuve de finesse intellectuelle et de mettre plutôt en avant le savoir-faire à la française, celui de cultiver les produits et de les transformer sans les dénaturer pour les sublimer. On préfère jouer sur la figure du chef pâtissier plutôt que sur la Tour Eiffel en quelque sorte… ». La mise en place de cours du soir ouverts aux collaborateurs de la société en vue d’obtenir un CAP de pâtisserie s’inscrit en droite lignée de cette démarche de démocratisation et promotion du savoir-faire « à la française ».

Un savoir-faire qui s’inscrit souvent dans un terroir. La force de la marque est en effet de s’appuyer sur un réseau de producteurs et de fabricants locaux, sélectionnés avec soin. Cette qualité revendiquée dans le sourcing de produits est également synonyme d’efficacité : « C’est plus simple de travailler avec un producteur en Bretagne, à Toulouse ou à Marseille pour identifier et mettre au point des produits que d’aller en Chine ».

Mais le mot d’ordre reste le savoir-faire avant tout. « Nous n’avons pas trouvé par exemple de partenaires dans l’hexagone pour notre gamme de paniers allongés. Mais au Portugal, si. Nous ne nous interdisons pas, si cela sert le produit bien entendu, de collaborer pour 5% de notre business avec d’autres pays européens. »

Le patrimoine agricole français reste tout de même dans l’esprit des consommateurs un gage de qualité du produit fini et Michel de Rovira en est conscient. Un bon exemple est celui du savoir-faire en France autour des produits laitiers. « Pour notre yaourt à boire, on est capable de dire que le lait vient du plateau de Gap. Et là, c’est tout le patrimoine du lait de montagne qui résonne… »

En revanche, quand il s’agit de parler de management, Michel de Rovira estime que le modèle anglo-saxon est un modèle intéressant dont la France devrait pouvoir s’inspirer plus souvent. « J’ai travaillé pendant deux ans aux Etats-Unis et le modèle de management là-bas m’a véritablement fasciné. Les Américains ont cette capacité d’organisation et de communication en interne qui cohabite pourtant avec une attitude moins formelle et une hiérarchie bien moins pesante qu’elle peut l’être en France. Pour avoir travaillé dans la même société en France et aux Etats-Unis, le contraste était saisissant.»

Michel de Rovira a été également marqué lors de son expérience américaine par la diversité des profils et l’ouverture d’esprit dont pouvaient faire preuve les recruteurs américains à certains postes pour des profils pouvant être considérés en France comme non-conventionnels. « Mon boss à l’époque était un ancien agent secret ! »