« Ce qui me faisait rêver ? Une marque qui concilie art et artisanat »

En 2013, Nicolas Guillemot fonde avec deux associés Le Papier fait de la Résistance. Derrière cette marque originale, une conviction : le développement du numérique n’aura pas raison du papier. Au contraire. À condition de créer une subtile alchimie entre savoir-faire artisanaux, noblesse de la matière et codes graphiques du web. Pari réussi pour cet entrepreneur alors âgé de 26 ans dont les carnets en papier ont su séduire les grandes marques du luxe. Un témoignage que Bruno Rousset a souhaité partager sur Valeurs d’Entrepreneurs.

 Se lancer dans la papeterie, le pari était plutôt osé, qu’est-ce qui vous a décidé ?

J’accompagnais des entrepreneurs de tous horizons depuis plusieurs années pour les aider à développer leur activité. J’ai également eu l’occasion de me rapprocher du monde de la papeterie haut de gamme et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. Une marque détenait le quasi-monopole et personne ne proposait d’alternative. Enfin, j’étais assez investi dans le secteur numérique et je me suis aperçu que les professionnels du digital étaient encore nombreux à utiliser papier et crayon. Tous les ingrédients étaient réunis pour créer ce qui me faisait rêver, une marque qui concilie art et artisanat. C’est comme ça qu’est né Le Papier fait de la Résistance en 2013 et je n’ai pas trouvé depuis le parcours particulièrement difficile.

Quel est ce parcours ?

Nous étions 3 associés, nous sommes désormais 4 associés et 2 salariées. Nos carnets sont commercialisés par 75 boutiques en France mais aussi par l’intermédiaire du e-commerce. Le cœur de métier est le travail que nous réalisons avec les entreprises et les marques. Nos clients sont aussi bien des PME que de grandes marques du luxe comme Kenzo ou Chanel. Carnets, calepins, affiches… sont produits en petite comme en grande série et s’adaptent aux différentes demandes. Aujourd’hui notre chiffre d’affaires est de 300 000 euros et nous préparons une levée de fonds d’un million d’euros pour notre développement.

 Quels ont été les ingrédients du succès ?

En premier lieu l’attention portée à la qualité de la fabrication. Nos produits sont réalisés par des artisans et façonniers amoureux de leur métier et nous avons à cœur de valoriser la noblesse du papier. Un atout a été de conserver la qualité de cette tradition artisanale et de l’associer aux codes graphiques du web. De réussir à marier ces deux univers de tradition et de modernité pour donner de la valeur ajoutée au papier. Ensuite, le nom de la marque interpelle, tout comme les produits et c’est important.

 Mais le plus bel ingrédient du succès est notre équipe.

 Comment travaille cette équipe ?

En prenant du plaisir à ce qu’elle fait. Nous favorisons le dialogue et un espace propice à la liberté et à la créativité où chacun, associé comme salariée, a envie de participer et s’implique sans crainte de faire une erreur. Se tromper n’est pas grave car nous sommes plusieurs et il ne faut pas que cela soit un frein. Nous apportons tous notre touche aux différents niveaux de l’entreprise. Le résultat est parfois surprenant, mais il est toujours passionnant. C’est notre manière de progresser.

Mon meilleur soutien ? Mon associé initial qui a été mon mentor et qui m’a donné confiance en moi

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