Redonner le pouvoir

Comment donner un nouveau souffle à l‘entreprise, l’engager avec plus de sérénité vers l’avenir ? En faisant de l’homme son moteur. Tel était le message de la dernière édition d’Entreprise du Futur.

Remettre l’homme au cœur de l’entreprise. Comment ? En donnant plus de pouvoir aux collaborateurs, un pouvoir de collaboration et d’innovation. Plusieurs personnalités ont défendu cette nouvelle approche de l’entreprise à l’occasion de l’événement Entreprise du Futur le 18 janvier dernier à Lyon. Parmi elles, l’homme d’affaires indien Vineet Nayar, expert en technologie de l’information et du management d’entreprise, auteur de l’ouvrage « Les employés d’abord, les clients ensuite ». Inspirer et donner confiance aux équipes, rassembler les collaborateurs autour d’une vision commune qui les mobilise sont les maîtres mots de son discours. Tout comme l’ambition, celle qui, nourrie de motivation et de solidarité, permet d’innover en dépassant les  contraintes. L’enjeu du management est ici de faire vivre l’enthousiasme, de donner les moyens aux collaborateurs de créer eux-mêmes la valeur ajoutée que l’entreprise souhaite offrir à ses clients. Si ceux-ci ne sont plus positionnés au premier plan, ils le sont à la fin d’une chaîne vertueuse, créative, humaine dont ils bénéficient aussi pleinement. Vineet Nayar a fait ce pari au sein d’HCL Technologies, il l’a réussi.

Un « objet social réaugmenté »

Autre prise de parole, celle de la marraine de l’événement, Emmanuelle Duez, entrepreneuse et fondatrice du Boson Project. Son crédo ? (Ré)engager les hommes au sein de l’entreprise. De cela dépend notamment la capacité des structures classiques à résister au choc culturel et économique rapide créé par les champions de la disruption. Cette évolution, indispensable, pose la question d’un sacrifice temporaire mais maîtrisé du profit business, au bénéfice d’une réorganisation permettant de mobiliser chaque collaborateur. Avec un mot d’ordre : engager une révolution philosophique pour doter l’entreprise d’un « objet social réaugmenté » en restant ancré sur ses acquis.

Les « ravages » du management toxique

La table-ronde de clôture « Fin du paternalisme, vers des entreprises maternantes ? » a donné la parole à la psychanalyste et philosophe, Cynthia Fleury. L’occasion pour elle de souligner la problématique du management « qui rend malade » souvent hérité d’une approche paternaliste marquée par une vision de la performance basée sur la pression et le stress. Une erreur pour cette clinicienne, confrontée aux « ravages » du management toxique chez ses patients. Cynthia Fleury lui apporte notamment comme réponse le courage (elle est l’auteur de l’ouvrage « La fin du courage »), celui qui protège le sujet en lui permettant l’équilibre entre les pratiques et les principes. Mais pour que celui-ci puisse exister, l’entreprise doit créer les conditions d’une nouvelle forme d’enpowerment dont chacun puisse s’emparer. Une condition pour ne pas créer des courageux-sacrifiés.